L'origine des tomates

Bonjour!!

Avant de vous conseiller sur les variétés disponibles, je voudrais tordre le coup à qques idées reçues sur la tomate, et pour se faire, il me faut revenir qques siècles en arrière.

La tomate est originaire des Andes péruviennes, elle fût sans doute connue des Incas, mais ce sont les Aztèques qui vont la cultiver et la consommer, elle est alors connue sous le nom de "xi-tomatl" dans l'actuelle Mexique.
Ce sont les conquistadors espagnols qui, en 1519, entre les sacs d'or et de tabac, vont rapporter cette jolie plante (ainsi d'ailleurs que le maïs, la pomme de terre, le poivron, les courges, ...). Ils la nommèrent alors "pêche de loup" ("lycopersicon" en grec, qui restera son nom générique).
La tomate fût donc cultivée à partir de 1530 en Espagne, puis au Portugal, puis en Italie (où elle fût importée par Catherine de Médicis), puis dans le sud de la France (dans le Languedoc dés 1590).

Mais elle n'est pas consommée, on la cultive comme plante ornementale, il ne viendrait à personne l'idée saugrenue de manger ces fruits considérés comme les fruits du diable par la Sainte église catholique.
En effet, de par sa ressemblance avec des plantes connues comme toxiques depuis toujours sur le vieux continent telles que la Belladone, la mandragore, la jusquiame et autre datura dont l'usage est alors limité aux activités de sorcellerie, son sort est scellé.
La tomate devra attendre 1731 pour qu'un botaniste écossais du nom de Philippe MILLER, affirme haut et fort sa comestibilité, il va jusqu'à rajouter le nom spécifique d'esculentum (qui signifie "comestible"), le nom scientifique de la tomate devient donc Lycopersicum esculentum.

La France fait de la résistance et ce n'est qu'en 1780 qu'elle est considérée comme comestible en France, et dés 1785, elle se retrouve non plus dans la catégorie "plante ornementale", mais dans la catégorie "légumes" des catalogues de vente.
Elle arrive à Paris en 1790 et est servie dans deux restaurants ouverts par des provençaux (hé oui, les Marseillais n'ont pas ramené qu'un hymne dans la capitale lors de la révolution).

Même lorsqu'elle revient sur le continent américain en 1834, elle a encore mauvaise réputation, il faut que qques fous persuadés de son innocuité en dégustent en place publique sans que leur santé de s'en trouve altérée pour que rapidement elles deviennent sur ce continent aussi une star de la table.
Même la Chine, premier producteur mondial actuel n'a adopté la tomate qu'au cours du xxème siècle.

En 1900, 7000 variétés de tomates sont connues, mais au XXème siècle, tout va changer.

La production en masse et la commercialisation de la tomate va contraindre les maraîchers à se tourner vers quelques variétés qui présentent des avantages "commerciaux", tels qu'une bonne conservation du fruit après cueillette et une certaine résistance à la manipulation, et puis tant qu'à faire, qu'elles poussent très vite, qu'elles soient faciles à cueillir.
Avec l'arrivée des grandes surfaces, les produits ont été normalisés et au fil des décennies, la tomate se devait d'être ronde, rouge, et encore dure au bout d'une semaine de cueillette. 
Cette normalisation est à mettre sur le compte d'une "co-évolution" entre les consommateurs et les distributeurs, tout le monde cherche un bon goût pour une tomate, mais pour en avoir vendues qques unes l'été dernier, je vous assure que la main se tend plus facilement vers des fruits rouges et ronds que vers des tomates côtelées et colorées dont je vante le goût (l'avantage avec un producteur en direct, c'est qu'une seconde de dégustation peut efficacement changer la donne).

Si la sélection naturelle tend à une adaptabilité aux modifications environnementales, ce qui passe par un patrimoine génétique hétérogène ; en revanche la sélection humaine recherche l'homogénéité, ce qui ne peut se faire que par une homogénéité génétique.

Dés les années 1920 aux Etats-Unis, la sélection de variété commerciale est en marche et la première variété  hybride F1 est créée en 1949 (variété "Big boy"), la technique est importée dans l'Europe d'après guerre, et en France c'est la variété "Fournaise" qui sera le premier hybride commercialisé en 1957.

La création de ces hybrides, est la panacée d'un point de vue commercial, mais d'un point de vue génétique, c'est navrant, de plus, ces qualités commerciales se font au détriment des qualités gustatives. Le nombre de variétés diminue au cours du xxème, fort heureusement, des passionnés conservent à travers le monde ces anciennes variétés qui étaient vouées à tomber en désuétude, écrasées sous le poids de l'uniformité.
Depuis la fin du xxème, de nombreuses variétés sont créées et les variétés anciennes sont remises au goût du jour, enfin…. c'est ce qu'on nous dit car même des variétés aussi connues que "Ananas" par exemple, vendues dans toutes les grandes surfaces, n'est pas la véritable ananas, mais une "amélioration", la véritable ananas est trop déformée et ne se conserve pas assez longtemps pour figurer sur les étals.

Bon… je me suis quelque peu égaré, mais je retombe sur mes pieds...
Pour avoir vendu beaucoup de plants et de tomates l'année dernière, voilà qui pourrait vous aider à faire votre choix

- N'hésitez pas à prendre des plants de tomates de couleurs, elles ont souvent des saveurs plus complexes que les tomates rouges.
Les tomates ramenées par les conquistadors n'étaient pas rouges, mais jaunes, oranges, striées. D'ailleurs, le premier plant de tomate décrit scientifiquement par un pharmacien/naturaliste du nom de Petrus Andréas Matthiolus en 1544 était un plant aux fruits jaunes, qu'il appelle pomme d'or / "pomo d'oro" (le nom de pomodoro est resté pour désigner les tomates en Italie), et il faut attendre 10 ans avant que ne soit décrite une tomate rouge.
Une tomate orange n'est pas (comme je l'ai entendu plusieurs fois l'été dernier) forcément le fruit de manipulations génétiques en laboratoire, il existe des variétés très anciennes de toutes les couleurs.

- Je comprends davantage les à-priori sur les variétés créées récemment (surtout aux Etats-Unis), mais concrètement ce sont souvent des passionnés qui se contentent de déplacer manuellement du pollen entre variétés (ces croisements se produisent assez fréquemment de manière naturelle chez la tomate), et on voit ce que ça donne... parfois une variété nouvelle intéressante apparaît, il faut alors en sélectionner les fruits les plus représentatifs pendant des années (parfois 10) jusqu'à ce que cette variété soit fixée (les graines donneront toutes la même nouvelle variété).






Mes engagements


Cultivé localement

Le locavorisme est une question de bon sens, beaucoup de légumes ont une forte empreinte carbone de par leur transport, y compris des légumes bio.

Légumes de saison

A l'heure où le débat fait rage concernant les serres bio chauffées, De la graine à la plante suit le cycle naturel.

Aucun intrant chimique

C'est une question d'éthique, les seuls intrants sont des purins à partir de plantes environnantes et le fumier de mes chevaux.

Agriculture biologique ?

Je ne suis pas certifié en agriculture biologique, et quand bien même il me faudrait attendre le début de la troisième année. Je ne cherche pas non plus à obtenir ce label. Loin de moi l’idée de le dénigrer, à l’échelle locale il a du sens, mais à plus grande échelle, les produits « bio » ont parfois des origines aussi éloignées que peuvent l’être les normes « bio » entre le pays d’origine et le pays consommateur.
Mais je n’ai pas l’intention d’utiliser autre chose que des produits naturels et proches. Je travaille beaucoup avec le fumier de cheval et avec ortie, consoude,… Et si j’étais amené à utiliser un traitement, ce serait un produit utilisable en agriculture biologique.

Le terme d’agriculture raisonnée me convient pour l’instant. Tout comme celui de jardinier.

Mon installation ?

C’est le besoin de me consacrer à ma passion qui m’a conduit à m’installer en maraîchage.

Plutôt que de chercher une ferme à reprendre, nous avons loué du terrain et effectué quelques travaux sur notre maison.

Mon installation est en fait une série de changements :

  • Transformation d’une grange attenante à la maison en point de vente et en pouponnière pour la germination.
  • Construction d’une serre en dur pour les jeunes plants
  • Transformation d’un champ en potager
  • Montage de serres pour accueillir les légumes
  • Elaboration du présent site
  • Reconversion professionnelle

De la graine à la plante

12 La Pilière, 35290 MUEL

Tél: 06.84.24.92.93